Bilan #1 – Janvier 2019 : on est plus chaud que le climat !

2019 est à peine entamé qu’il est déjà temps de faire le bilan de notre premier mois de défi « Rien d’neuf ». Nous vous proposons de l’aborder en deux parties distinctes : 
  1. Le bilan émotionnel qui vous fera un état des lieux de notre humeur du moment, des réflexions menées au coeur même de notre noyau familial mais également avec notre entourage, des aspects humains liés à notre défi.
  2. Le bilan matériel qui reviendra sur les achats réalisés, les objets auxquels nous avons renoncé, les cadeaux qui nous ont été offerts ainsi que les réparations que nous avons pu réaliser pour ne pas devoir acheter. 
Le bilan émotionnel
 
« On est plus chaud, plus chaud, plus chaud que le climat ». C’est sans doute la phrase que je retiendrai de ce mois de janvier 2019 ! Une mobilisation sans précédent pour réclamer d’avantage de mesures de la part de nos dirigeants, une prise de conscience généralisée et on l’espère un début de vrai changement (on a envie de rêver!). Une mobilisation collective car l’action individuelle ne suffira pas pour préserver l’espère humaine. Une mobilisation à laquelle nous avons décidé d’associer nos enfants, convaincus que nous avons la responsabilité de les guider vers l’acquisition d’une conscience politique (au sens noble du terme) qui leur est propre, et ce dès le plus jeune âge. Si à l’âge qu’ils ont, ils sont encore (heureusement) très à l’écoute de ce que disent leurs parents, demain nous espérons qu’ils seront capables de se forger leurs propres opinions et surtout de ne pas avoir peur de les exprimer. 
 
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Alors question émotions, nous avons été bien servis ces 4 premières semaines de défi. Je dirais même que chez nous l’ambiance est un peu Bisounours, une ambiance « l’une de miel » où finalement vivre d’amour et d’eau fraîche (et donc ne rien acheter de neuf) nous convient assez bien. Pour chaque nouvel achat, nous avons d’ailleurs choisi l’option « gamification », en lançant une sorte de jeu de piste dont l’issue (positive jusqu’à présent) nous apporte une certaine gratification, une motivation supplémentaire à continuer de l’avant, une impression de posséder des supers pouvoirs (on en profite car on va forcément rencontrer quelques avatars maléfiques). Avec deux enfants de 10 et 7 ans, la manière importe tout autant que l’objectif à atteindre ! A nous donc de faire de ce défi une grande cour de récréation où se mêle amusement, créativité, fou-rire et légèreté. Mais on s’en doute : une année entière sans rien acheter de neuf, c’est forcément plus compliqué que ça. On profite donc de cet état de grâce.
 
Du côté des enfants, le bilan est d’ailleurs plutôt positif. Bien que nous n’ayons pas échappé à l’une ou l’autre crise de larmes, ils se sont en réalité montrés très coopératifs. Une fois passé le moment d’inquiétude et les questions du type « comment va-t-on faire pour offrir un cadeau d’anniversaire si on ne peut pas acheter du neuf ? », ils ont vite été rassurés par les alternatives proposées (cadeau acheté en seconde main, jouet récupéré dans leur armoire, activités à partager avec la personne concernée). Certains réflexes sont évidemment encore bien présents mais ils commencent néanmoins à anticiper et à initier eux-même l’achat seconde main. On croise les doigts pour que ça tienne sur le long terme. Seule difficulté : faire en sorte que les grands-parents jouent le jeu et surtout qu’ils anticipent eux-mêmes sur certaines situations. Car, soyons réalistes, les enfants ont beau être très motivés, ils n’auront pas toujours le réflexe (ni surtout l’envie) de refuser une proposition de cadeau neuf. 
 
Depuis le 1er janvier, nous avons également été portés par l’enthousiasme que notre défi a suscité autour de nous, un enthousiasme qui nous a d’abord surpris, puis mis quelque peu la pression puis carrément donné des ailes. Une page Facebook avec plus de 850 abonnés, 3 articles de presse, un reportage télé, plus de 3000 vues sur notre blog…un engouement auquel on ne s’attendait pas et qui témoigne de la volonté d’un très grand nombre de personnes de revoir leur consommation. C’est donc une bonne nouvelle ! 
 
Si notre défi a suscité bon nombre de réactions enthousiastes, il a également provoqué chez certains de la curiosité, des interrogations voir un peu de scepticisme. Il a par ailleurs soulevé quelques débats bienveillants, et souvent fondamentaux, non seulement au sein de notre petite famille mais également avec notre entourage, sur des questions auxquelles on ne s’attendait pas forcément. En vrac : N’acheter que du seconde main, n’est-ce pas un non sens économique si l’on veut soutenir l’emploi dans le secteur du commerce en Belgique ? La démarche n’est-elle pas pénalisante pour les petits commerçants et artisans ? Comment s’inscrit notre défi dans une société de plus en plus duale sachant que nous avons les moyens de choisir de consommer autrement alors que pour certaines familles le seconde main et la débrouille sont la seule alternative ? « Seconde main » ne signifie pas pour autant « zéro déchet » ni « zéro carbone », comment rester cohérents dans les choix que nous faisons? Gilets jaunes et militantisme climatique, peut-on parler d’un même combat ? L’idée ici n’est pas de répondre à chacune de ces questions de manière exhaustive mais il est évident que nous les aborderons de façon plus ou moins directes dans nos différents articles car elles ont le méritent d’être posées. Elles reflètent également les nombreux freins qui entravent encore bon nombre de personnes dans leur cheminement vers une réelle consommation alternative. 
 
Ce premier mois de janvier sans acheter de produits neufs est également mon premier mois de janvier sans faire les soldes. Avec un constat majeur : mon besoin de consommer évolue de façon proportionnelle au temps passé dans les boutiques et sites de vente en ligne. En d’autres mots, le risque d’acheter un produit dont je n’ai nullement besoin augmente considérablement avec le temps d’exposition à ce même produit. Ou pour faire plus court : moins je consomme moins j’ai envie de consommer. Bien que les effets néfastes de la publicité et du marketing sur notre consommation ne sont plus un secret pour personne, nous continuons à nous sentir relativement protégés, faisant appel à notre bon sens de consommateur (que nous croyons) averti. Mais c’est sans compter sur le fait que le travail de persuasion des grands temples de la consommation est à ce point efficace qu’il nous fait renoncer aux mécanismes essentiels de réflexion critique.  
 
L’émotionnel jouant un rôle éminemment important dans l’acte de consommer, le défi dans lequel nous nous sommes lancés a également pour effet de nous ramener sans cesse au fondement même de notre démarche. Car le processus mental qui amène à se poser des questions sur les produits que nous achetons entraîne par effet boule de neige un réflexe de questionnement sur tout ce qui touche à la consommation : les services, l’alimentation, les modes de transport, les déchets. Ce fameux phénomène de dissonance cognitive (tension ressentie par un individu soumis à des opinions, attitudes ou croyances qui le concerne directement et qui sont incompatibles entre elles) nous guette à chacun des actes que nous posons et nous entraîne inévitablement dans une réflexion qui se veut plus globale que celle entamée au départ. Prendre mon plat en verre pour aller chercher ma lasagne chez le traiteur, renoncer à une destination de vacances pour ne pas prendre l’avion, refuser l’achat d’un paquet de biscuits sur-emballés aux enfants, autant de petits actes que nous avons commencé à poser et qui deviennent des évidences qui ne l’étaient pas forcément il y a de cela quelques semaines. 
 
Le bilan matériel
 
Du côté du bilan matériel, ces premières semaines nous ont plutôt réservé de bonnes surprises. La première concerne l’activité des réseaux sociaux en matière de seconde main, en particulier les groupes Facebook de type Vide Dressing, récup., etc. et les ventes organisées via certains comptes Instagram.  Un monde parallèle fait de bonnes et de moins bonnes références, mais surtout d’une communauté non négligeable d’individus susceptibles de vous aider à trouver la perle rare. A côté des réseaux sociaux, les sites en ligne et les boutiques proposant des produits d’occasion se sont avérés bien plus nombreux que ceux ayant pignon sur rue. Nous aurons l’occasion d’en reparler (on vous prépare entre autres une petite carte de Bruxelles personnalisée) . 
 
Autre bonne surprise : on trouve de tout en seconde main ! En ce compris beaucoup d’articles qui n’ont que très peu servis, voir même jamais été utilisés, témoins d’une consommation parfois impulsive, souvent irréfléchie. J’ai maintes fois maudis Laurent lorsque,  avant un nouvel achat, il réalisait une étude de marché pointue (qualité, prix, utilité) dans l’idée d’acheter  « raisonné ». Mais il faut bien reconnaître que le temps de l’étude a souvent suffi à évincer mon envie/besoin de consommer, nous évitant ainsi de nombreux achats stériles. 
 
Autre constat de ce premier mois : les principaux défis à surmonter ont concerné du matériel en lien avec les activités parascolaires des enfants. Avec en filigrane la question de répondre aux exigences d’un professeur qui fait une demande spécifique et le souci que son enfant ne soit pas marginalisé à défaut de pouvoir y répondre. Non seulement notre défi a, jusqu’à présent, été bien accueillis par les professeurs concernés (certains se proposant même pour nous aider à trouver une alternative d’occasion au matériel demandé) mais il faut aussi reconnaître que nous avons joui d’un alignement de planètes assez favorable en ce début d’année (voir ci-dessous). 
 
Dernière bonne surprise : l’idée que les achats en seconde main exigent du temps et parfois des déplacements importants ne s’est pas confirmée jusqu’ici. Au contraire!  Ayant trouvé rapidement ce dont nous avions besoin en ligne ou en boutique, et les quelques déplacements chez des particuliers ayant été réalisés le weekend en dehors des heures de pointe,  nous aurions probablement consacré davantage de temps à devoir nous rendre dans un centre commercial un samedi après-midi. 
 
 
Les achats en seconde main : 
 
  • 1 paire de baskets de sport pour Thomas. Quand mon fils m’a annoncé que ses chaussures de sport étaient trop petites, j’ai fait la grimace. Des chaussures de sport en seconde main, j’espérais secrètement ne pas être confrontée trop vite à cette question. D’abord pour des raisons évidentes d’hygiène. Il est en effet difficilement concevable pour moi que mes enfants portent des chaussures qui ont déjà parcouru plusieurs milliers de kilomètres avant eux. Ensuite pour le confort orthopédique de leurs petits pieds en pleine croissance. Je n’ai en effet aucune envie que l’utilisation de chaussures ayant déjà trop servi ne mène finalement à la case semelles orthopédiques. Je me suis donc armée de courage pour parcourir les petites annonces en commençant mes recherches par le site www.2èmemain.be. .Pour plus de facilité, j’ai d’abord concentré mes investigations sur les chaussures de la même marque que sa paire trop petite, de manière à pouvoir maîtriser plus facilement les questions de variation de tailles d’une marque à l’autre. Il ne m’a pas fallu très longtemps pour trouver la perle rare. Des chaussures en parfait état, mises 2 fois puis devenues rapidement trop petites. La transaction s’est faite le lendemain de ma trouvaille, au pied d’un immeuble situé à 2 pas de mon travail. Simple et efficace!
  • 1 paire de lunettes de Floorball pour Thomas. Si la plupart d’entre vous n’ont jamais entendu parler de ce sport énigmatique (à moins que le terme Unihockey ne vous parle davantage), la probabilité que les groupes Facebook et autres plateformes en ligne ne proposent des accessoires en lien avec le Floorball paraissait assez peu évidente. C’était sans compter sur ma bonne étoile du moment ! Avec, pour la petite histoire, des lunettes achetées à un membre de l’équipe tant redoutée des Renards de la Hulpe. Des lunettes qui donneront donc désormais à Thomas le sentiment d’être doté de supers pouvoirs sur le terrain ! 
  • 1 paire de baskets de ville pour Thomas, achetée à la même personne que les baskets de sport. 
  • 5 livres seconde main pour Camille chez Pêle-Mêle. 
  • 1 boîte de dessins Mandala pour Camille chez Pêle-Mêle
  • Un sabot synchro pour l’appareil photo de Thomas, réclamé par son professeur de parascolaire. Techniquement, il s’agit d’un accessoire permettant d’assurer la synchronisation entre la prise de vue et le déclenchement d’un flash extérieur. Inutile de vous dire qu’ici aussi je n’en menais pas large, redoutant de me perdre dans le dédale des annonces proposant des ustensiles photographiques pas toujours compatibles avec le modèle de votre appareil. Un coup de téléphone suivi d’une petite visite au magasin de seconde main Campion à Ixelles et l’affaire était réglée !
Les objets récupérés : 
 
  • Une poussette Mac Laren pour Lucien donné par mon frère et ma belle soeur
  • Un sac de vêtements de garçon pour Lucien donné par mon frère et ma belle soeur
  • Des jouets en bois pour Lucien donné par mon frère et ma belle soeur
Les choses auxquelles nous avons renoncé : 
 
  • Des billets d’avion pour nos prochaines vacances d’été. Nous faisons partie de ces privilégiés pour qui les propositions de destinations de vacances dans la famille ou chez des proches ne manquent jamais. Même si il est très difficile de rester cohérents sur tous les tableaux quand il s’agit de réduire son impact écologique, la question de l’avion est sans doute l’une de celles sur lesquelles il est le plus facile d’agir. Entre autres parce qu’il existe mille destinations de vacances que l’on peut atteindre avec d’autres moyens de transport. Et parce qu’il est des situations où l’avion est difficilement contournables. Nous reviendrons sur la question des vacances dans un prochain article. 
  • Les traditionnelles revues de cuisine à la petite librairie de la station de métro en rentrant du boulot. Je redécouvre les livres que j’ai chez moi pour faire mes menus de la semaine et inutile de vous dire que j’ai de quoi tester des nouvelles recettes pendant quelques années encore. 
Les réparations : 
 
  • Le manche de l’aspirateur.
  • Le sac de gymnastique de Thomas.
Les cadeaux que nous avons reçus : 
 
  • 5 livres reçu d’un collègues qui fait du tri dans sa bibliothèque
  • 1 livre (neuf) reçu de Thomas de la part de ses grands-parents
Les actions réalisées en parallèle à notre défi pour diminuer notre impact écologique : 
 
  • Passage aux lentilles mensuelles ou comment diminuer par 30 les déchets produits pour améliorer sa vision. 
  • Désabonnement des mails et Newsletters commerciaux incitant à consommer
  • Désinstallation des applications de vente en ligne incitant à consommer
  • Prendre son plat en verre pour aller chercher les lasagnes chez le traiteur italien
  • Cuisiner ses propres cookies pour les collations des enfants

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