Notre rentrée scolaire « rien d’neuf »… Entre récup et achats responsables !

Septembre se profile déjà… Un mois un peu particulier… Celui de la transition entre l’été qui s’éternise et l’automne qui se profile timidement. Celui des lumières rasantes de fin de journée qui éblouissent les visages encore colorés par les vacances à peine achevées. Celui des bonnes résolutions : celles du mois de janvier que l’on espère cette fois tenir et celles prises en regardant la mer un soir d’été. Septembre c’est le mois de tous les possibles, celui de la page vierge qu’il nous reste à écrire. C’est pour cette raison que j’ai toujours aimé la rentrée des classes. Parce qu’elle porte en elle l’espoir d’une année nouvelle qui commence et la douce caresse d’un vent grisant de liberté qui accompagne les nouveaux départs. J’aime l’année qui débute avec ses promesses et ses espoirs. Je savoure la rentrée pour les retrouvailles avec les copains après avoir donné la priorité pendant deux mois aux enfants et à la famille venue parfois de très loin pour profiter des congés. J’aime décompter les jours avant le 1er septembre, remplir les nouveaux plannings avec les activités, penser aux affaires d’école qui viendront remplir les cartables, imaginer que je trouverai le temps de préparer le dimanche des collations saines pour la semaine, organiser les mercredis après-midi avec ma maman… autant de rituels qui posent les jalons d’un départ réussi, indispensable à l’équilibre de ma petite tribu.

En cette année de défi « rien d’neuf », la question du matériel scolaire a pris une tournure toute particulière. Plus question d’attendre la dernière minute pour se rendre en grande surface et relever le challenge de remplir les cartables en moins d’une heure. Nous nous étions dès le départ fixé une méthodologie désormais bien rodée depuis le 1er janvier : 1)Récupérer le matériel disponible à la maison 2)Acheter le matériel manquant en seconde main 3)Se tourner éventuellement vers les produits réalisés à partir de matériaux recyclés en cas de nécessité.

1. Première étape : faire le tri à la maison (facture = 0 euro)

Cette première étape, qui faisait pourtant déjà partie du rituel des années précédentes, m’a littéralement bluffée cette année ! Sans doute parce que, portés par notre défi rien d’neuf, nous avons mis davantage de coeur à l’ouvrage. Avec un beau pactole en bout de course puisque nous avons réussi cette fois à récupérer dans nos tiroirs et nos fonds de cartables plus de 80 % du matériel nécessaire, un résultat sans aucune commune mesure avec nos précédentes tentatives. 

Pour cette opération, nous avions évidemment avec nous le fait qu’aucun de mes deux grands enfants n’étaient en position d’entamer un nouveau cycle scolaire (primaire ou secondaire) et qu’ils pouvaient donc compter sur les fournitures accumulées les années précédentes. Cela implique néanmoins deux préalables indispensables : l’achat de matériel de qualité (cartable, plumier, classeur, etc.) de manière à ce qu’il puisse être utilisé plusieurs années d’affilée (moyennant éventuellement un rapide nettoyage ou une réparation mineure) et des enfants qui prennent soin de leurs affaires (la fameuse rengaine un chouilla culpabilisante que nous susurrons inlassablement à l’oreille de nos rejetons). Le problème c’est que la réalité est parfois beaucoup plus complexe et qu’il faut donc apprendre à composer. D’abord parce que même des chaussures de très bonne qualité peuvent ne pas résister au coup de pied d’un enfant qui aspire à la carrière de footballeur d’Eden Hazard.  Ensuite parce que tous les enfants ne sont pas égaux quand il s’agit d’ordre et de rangement. Il y a bien entendu les très précautionneux, ceux qui s’inquiètent en permanence d’avoir leur plumier au complet, qui maîtrisent parfaitement l’emplacement où ils ont laissé leur veste avant d’aller jouer avec leurs copains, qui remettent méthodiquement leurs gants dans la poche de leur manteau quand la cloche sonne la fin de la récré et qui se mettent dans tous leurs états si par malheur, il leur arrive malgré tout de perdre la gourde que vous venez tout juste de leur acheter. Mais il y a aussi les autres. Ceux qui oublient les recommandations faites le matin dès qu’ils franchissent la porte de l’école, qui préfèrent courir et s’amuser avec leurs amis pendant la récréation plutôt que de rester attentifs à la veste qu’ils ont abandonnée sur le côté, qui font de leur mieux pour essayer de rester attentifs à leurs affaires mais qui n’y arrivent pas, même avec la meilleure volonté du monde. Ceux que vous aimeriez accompagner  pendant leur journée , tel Jimini Cricket, pour les rappeler à l’ordre et leur glisser à l’oreille qu’ils ont oublié de remettre leur boîte à tartine dans leur cartable ou que leur écharpe est malencontreusement tombée dans le couloir. Dans un cas comme dans l’autre, j’ai renoncé à vouloir garder le contrôle sur ce qui se passait à l’école. J’ai fini par apprendre à vivre (sans m’énerver ni soupirer) avec l’idée que les choses puissent se perdre et/ou s’abîmer. Dans le meilleur des cas, je me console en imaginant que la gourde ou le sac de piscine serviront à d’autres petits lutins distraits qui les perdront à leur tour et qu’une chaîne infinie continuera de donner vie aux objets abandonnés. Même si je vois trop souvent les vêtements, les sacs de gym et les boîtes à tartines s’accumuler dans le coin des objets perdus sans que personne ne viennent jamais les réclamer (et sans que je n’y retrouve moi-même les objets orphelins de mes enfants). C’est un peu  la même histoire sans fin que celle des paires de chaussettes qui ne retrouvent jamais leur âme soeur après être passées dans la machine à laver. L’école a cet effet de grande lessiveuse mangeuse d’objets qui disparaissent à jamais.  

2. Deuxième étape : compléter le matériel manquant par du seconde main (facture = 21 euros)

Pour être tout à fait honnête, le succès de la première étape m’avait quelque peu rassurée car, coté boutiques de matériel scolaire de seconde main, je séchais un peu.  En effet, si les brocantes peuvent théoriquement s’avérer être d’un grand secours, il s’agit d’une alternative qui exige de pouvoir anticiper les achats, mission quasi impossible vu le timing des listes scolaires qui sont distribuées à la fin du mois de juin et les exigences qu’elles contiennent (3 fardes rouges et pas vertes, une late de 20 cm et pas 30, un papier dessin 150 gr et pas 130). En ce qui nous concerne, nous avons finalement trouvé notre bonheur dans la boutique des petits riens (rue Américaine à Bruxelles) qui, chaque année, consacre un rayon spécifique à la rentrée scolaire dès le début du mois d’août. Nous y avons trouvé quelques cahiers, une lampe pour le bureau de Camille et un classeur pour Thomas. Presque de quoi clôturer ce dont nous avions besoin. Yuman propose également des produits de seconde main pour la rentrée. N’hésitez pas à aller y faire un tour.

3. Troisième option : Se tourner vers des fournitures réalisées à partir de matériaux recyclés (facture = 65 euros)

Malgré tous les efforts fournis en passant par les deux premières étapes, il nous restait encore quelques produits à trouver. Dans le cadre de notre défi, nous avions dès le départ assumé que les produits réalisés à base de matériaux recyclés pouvaient faire office de solutions de rattrapage en cas de nécessité. Nous avons donc fait quelques recherches de manière à privilégier non seulement des fournitures écologiques mais également des entreprises locales, éthiques et soucieuses de l’environnement.

C’est ici que je vais vous raconter l’histoire des fardes à vues ou mes folles aventures pour tenter de réconcilier l’une des fournitures scolaires la moins compatible avec l’esprit « rien d’neuf ». Tout commence avec une leçon de vocabulaire puisqu’il m’a d’abord fallu réaliser quelques recherches pour comprendre que la mention portfolio sur la liste de ma fille correspondait à l’objet également identifié fardes à vues, farde de présentation, farde à pochettes, classeur porte vues ou encore album de présentation. Bardée de mon petit lexique de rentrée des classes, je me suis donc mise en quête des 5 fardes à vue nécessaires à mes enfants, avec en ligne de mire les exigences liées aux couleurs à se procurer et aux nombres de fardes nécessaires par exemplaire. Inutile de vous dire que j’ai rapidement déchanté sur la question du seconde main. Même Vinted ne m’a pas été d’une grande aide cette fois-ci, le choix étant assez limité, à moins de faire parcourir aux dites fardes plusieurs centaines de kilomètres pour arriver chez moi. Une option que j’ai rapidement mise de côté. Plan B : se tourner vers les produits réalisés à partir de matériaux recyclés. D’autant que j’avais déjà repéré que la marque Exacompta proposait des fardes à vues réalisées à partir de déchets ménagers recyclés, de couleurs différentes et du nombre de vues dont nous avions besoin. Une aubaine pour rester fidèle à notre esprit « rien d’neuf ». Le problème c’est que l’histoire ne s’arrête pas là. D’abord parce que je n’ai jamais réussi à trouver un revendeur de ce type de fardes à Bruxelles (je reconnais, je me suis arrêtée après le cinquième magasin). Ensuite, parce que les sites en ligne qui proposent le produit ne le vendent que par lot de 8 exemplaires (la faute à la firme qui ne les distribue que sous cette forme) comprenant les 6 couleurs de base plus 2 doublons de couleurs choisies de manière aléatoire. Etant donné qu’il me fallait 4 fardes de couleurs différentes spécifiques (vert, bleu, rouge, orange), il m’était impossible de partager l’achat d’un lot avec une autre maman de la classe puisqu’il est arithmétiquement impossible qu’un lot contienne 2 fois nos 4 couleurs indispensables. Après y avoir passé près d’une demi journée, sué quelques gouttes et terminé avec un verre de vin pour faire baisser la pression, j’étais prête à capituler. Et c’est là que j’ai découvert le site Green to school, une plateforme proposant des fournitures scolaires écologiques en ligne et dont plus de 90% des produits viennent directement de Belgique. A l’instar par exemple de la marque Aurora dont une large partie des cahiers et blocs de feuilles sont fabriqués en Belgique à partir de papier recyclé. Le site Green to school, qui offre également la possibilité d’y déposer des listes de classe pour des achats groupés, est le seul à proposer les dites fardes Exacompta en matériaux recyclés à l’unité ! Cerise sur le gâteau : comme le site ne proposait pas de pouvoir choisir une couleur en particulier (toujours la faute à Exacompta et à ses lots de couleurs aléatoires vendus par 8 qui compliquent la gestion des stocks pour les distributeurs), son patron (que j’ai fini par appeler) s’est assuré lui-même que je reçoive les 4 bonnes couleurs in fine.

J’aurai finalement payé mes fardes 2 fois le prix de celles de la même marque non recyclées, soit 7.21 euros au lieu de 3.99 dans une papeterie concurrente. Mais étant donné que mes frais généraux pour la rentrée ont été largement revus à la baisse cette année grâce à notre opération de récup et aux achats en seconde main, j’en sors de toute façon gagnante. Par ailleurs, je reste convaincue que les actes que nous posons en tant que consommateurs peuvent avoir un impact réel sur les politiques qui sont mises en œuvre non seulement par nos dirigeants mais encore plus par le monde de l’entreprise. En choisissant d’acheter un produit fait à partir de matériaux recyclés et vendu par un distributeur local, j’encourage la production de ce type de produits à côté des gammes classiques (en espérant que le prix finisse par diminuer dans les années à venir) et je soutiens un site belge qui propose des alternatives durables pour remplir le cartable de mes enfants (qui plus est avec un service client au top). Si l’histoire que je viens de vous raconter peut paraître anecdotique, elle met surtout en lumière le manque de cohérence entre les intentions et la mise en pratique, à savoir le grand écart entre la volonté d’une entreprise de proposer un produit recyclé et le mode de distribution ensuite proposé. Elle me fait dire également qu’il y aurait peut-être matière à repenser la façon dont les listes scolaires sont imaginées en supprimant définitivement les fournitures faites essentiellement à partir de plastique quand celles-ci ne sont pas absolument indispensables. Pourquoi, dans une même école, mon fils qui entre en 6ème primaire a-t-il pu se passer de fardes à vue jusqu’à présent alors que ma fille doit en acheter 4 d’un coup cette année ? Est-il vraiment nécessaire de demander l’achat de 2 bics verts alors que le second ne servira peut-être jamais et ne pourrait-on pas plutôt encourager l’investissement dans un bic rechargeable ? Je dois bien reconnaître que je cherche parfois un sens à tout ça !

Vous trouverez sur la page suivante une liste de magasins/sites en ligne pour une rentrée scolaire en mode rien d’neuf. N’hésitez pas à partager également vos bonnes adresses en commentaire.

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