Rien d’neuf pour fêter ses 8 ans avec ses copains… Opération (presque) réussie !

Avoir 8 ans, c’est tellement important ! Important comme l’acrobate qui cherche à trouver l’équilibre sur un fil tendu entre deux mondes. Celui de la petite enfance que l’on quitte doucement et celui de la préadolescence qui guette déjà subrepticement. C’est trouver la reine des neiges résolument has been mais croire encore que le Père Noël existe. C’est revendiquer son indépendance à coup de « je me débrouille toute seule » tout en réclamant de passer plus de temps avec ses parents.  C’est être fière de pouvoir rester seule à la maison le temps d’une course puis finalement changer d’avis en entendant la porte d’entrée se fermer. C’est décider que sa couleur préférée est désormais le bleu mais choisir une tenue 100% rose en s’habillant le matin. C’est vouloir veiller tard avec son frère pour ne pas manquer l’ambiance d’une soirée de match de foot mais s’endormir avant la fin de la première mi-temps. C’est mettre un t-shirt du tour de France pour frimer auprès de ses copines. C’est vouloir être différente tout en ayant peur du qu’en dira-t-on. C’est gérer des conflits entre filles en cours de récré. C’est remplir des carnets d’amitié et prendre des bains relaxants pour suivre les recommandations de ce même carnet. C’est ne plus pouvoir s’arrêter de parler. C’est jouer des heures avec sa ville Légo, faire vivre à ses personnages sa vie rêvée et parfois se trahir en leur faisant endosser son propre rôle. C’est avoir envie de comprendre le monde qui nous entoure et d’en connaître toujours davantage pour ne pas être à la traîne dans les discussions des repas de famille. C’est se sentir déjà si grande tout en cherchant en permanence le regard rassurant de ses parents. C’est  surtout dévorer la vie à pleine dents, ne rien vivre à moitié, aimer rire et se moquer des conventions, faire le clown pour se faire remarquer et oublier qu’un jour on sera vraiment grande. Alors fêter son anniversaire quand on a 8 ans, c’est forcément un événement. Le moment de l’année qui occupe toutes nos pensées, la date marquée d’une croix rouge sur le calendrier , le jour qui mérite de mettre une pression maximale à ses parents. Avec une petite appréhension quand-même en cette année de défi « rien d’neuf ».  Et si devoir compter uniquement sur du « fait maison » et du « seconde main » altérait la magie de cette journée tant attendue ? 

Cette année, pour la deuxième fois d’affilée, Camille avait choisi de fêter son anniversaire en binôme avec Luca, un copain d’école né 3 jours avant elle. Une « tradition » qui mets tout le monde d’accord : les parents qui organisent et peuvent du coup s’épauler pour les préparatifs, les parents des enfants invités qui apprécient le fait d’avoir une invitation groupée et les enfants eux-mêmes qui adorent l’idée d’être deux fois plus nombreux. Bilan de l’expérience : un anniversaire en mode « rien d’neuf » qui a comblé tout le monde. Avec des postes plus aboutis que d’autres, quelques grandes réussites et deux vrais flops : le premier sur la question des cadeaux (on vous explique pourquoi ci-dessous) et le second avec les lunettes en plastique de fantaisie achetées pour chacun des enfants par la mamy de Luca (qui nous prêtait gentiment son jardin pour l’occasion et rêvait d’une photo de groupe customisée). Mais surtout avec le merveilleux constat qu’il ne faut pas grand chose pour rendre des enfants heureux !

1. Les invitations

Alors que dans notre monde ultra connecté, le numérique a supplanté depuis longtemps la majorité des cartons d’invitation papier, mes enfants y accordent encore une importance toute particulière. D’abord pour le plaisir de les confectionner (et de concrétiser ainsi la première étape d’un événement qu’ils attendent impatiemment). Ensuite pour la joie de pouvoir les distribuer en main propre ou de les envoyer par la poste. Et enfin, pour le bonheur de celui qui la reçoit.  Trois options ont été suivies pour rester dans le défi « rien d’neuf » : 1) La première partie des invitations a été réalisée avec des cartons et des enveloppes trouvés aux petits riens. 2) Pour compléter les cartons, Camille a confectionné des invitations à partir de chutes de feuilles de couleur trouvées à la maison décorées avec des paillettes qui faisaient également partie de son stock d’ustensiles de bricolage. 3) Enfin, Luca a réalisé de jolis dessins sur des feuilles de papier.

2. La décoration

Loin d’être une maman bricoleuse et créative, le poste déco dans les anniversaires n’a jamais vraiment été ma priorité. Je dois même confesser que je n’y pense qu’en dernière minute et que je ressors irrémédiablement les mêmes fanions en tissus achetés chez Dille et Kamille il y a plusieurs années. Du coup que je n’ai pas vraiment transmis cette préoccupation-là à mes enfants qui n’affectionnent pas plus d’ailleurs l’idée de devoir se déguiser. Une situation qui m’a bien arrangée cette année en m’évitant de devoir trouver des solutions rien d’neuf là où certains parents auraient sans doute galéré pour fabriquer un décors Pokemon ou Lady Bug en seconde main. Côté accessoires pour le goûter, de simples gobelets en plastique réutilisables, des serviettes en papier pour poser les morceaux de gâteau, un cubi de 3L de jus de pommes, des cruches en verre de grenadine et une grande pastèque coupée en morceaux nous ont permis d’éviter le pire en matière de vaisselle customisée à l’effigie de leurs supers héros.

3. Les activités

Dès le départ, la thématique choisie par les enfants était celle de la « nature ». Il faut dire que depuis le début de l’année, les discussions à la maison font la part belle à la sauvegarde de notre biodiversité et de notre environnement naturel. L’actualité des marches pour le climat et la réflexion autour de notre empreinte écologique se sont également invitées à l’école. Le débat entre notre deux héros du jour a donc été vite réglé. Restait à trouver une trame permettant de créer des activités à mêmes d’occuper une petite vingtaine d’enfants le temps d’une après-midi. Comme l’objectif était d’acheter le moins possible (et donc de fonctionner un maximum avec ce dont nous disposions déjà à la maison ), les activités ont été choisies en fonction. Pour celles et ceux qui chercheraient des idées, voilà le scénario imaginé :

Pitch de l’histoire pour les enfants

Vous êtes des supers héros et vous atterrissez sur une planète dont toutes les ressources ont été épuisées. Vous avez une mission : utiliser la force d’au moins trois des quatre éléments pour trouver une solution durable au problème (la terre, l’eau et le vent). Vous vous organisez en 3 équipes pour multiplier les chances d’y arriver. Chacune d’elle choisit un nom et une devise pour l’encourager pendant les activités.  L’objectif à atteindre est collectif. La seule gagnante est la planète à sauver. Au terme de votre mission, vous devrez avoir répondu aux trois questions suivantes : 1) Le vent est-il une énergie renouvelable ? 2) Quels sont les aliments que peut nous offrir la terre pour se nourrir dans le futur ? 3) Peut-on vivre sans eau ? Pour répondre à chacune de ces question, une activité est prévue : 

Activité 1 : Fabrication de moulins à vent. L’objectif est de créer un champ de moulins à vent pour montrer aux enfants la puissance de l’air. Pour cela, il vous faut : des chutes de papier de toutes les couleurs (avec ou sans motifs), éventuellement des gommettes et des autocollants (Camille a récupéré des autocollants non utilisés dans des livres à colorier et des livres d’activités), tout élément qui puisse faire office de manches (bâtons en bois, pailles, pics de brochette, etc.), des bouchons de liège, des épingles à coudre (ou des punaises), des ciseaux, de quoi écrire, une latte. 

1) Découpez un carré dans une feuille de papier. 2) Tracez deux diagonales qui se croisent au centre. Sur chacun des quatre côtés de ces diagonales, indiquez un point  au trois quart vers le centre. 3) Découpez ensuite sur les lignes depuis les 4 coins jusqu’aux 4 points. 4) Rabattez une pointe sur deux vers le milieu du carré (attention, n’insistez pas trop sur la pliure) et attachez les bouts ensemble avec une grosse gommette ronde (mais ne collez pas celle-ci sur le centre du carré lui-même car il faut que le moulin reste mobile). Faites ensuite passer une épingle à travers la gommette, les pointes et le centre du carré. 5) Piquez le manche (bâton, piques en bois, etc.) avec l’épingle puis faite rentrer le bout qui dépasse dans un bouchon de liège pour éviter qu’il ne blesse quelqu’un. Si le manche est assez épais, le bouchon de liège ne sera peut-être pas utile. Idem si vous utilisez des punaises à la place des épingles. Les deux versions fonctionnent. 6) Placez ensuite tous les moulins à vent ensemble dans un espace découvert et attendez que le vent se lève. Effet garantit auprès des enfants qui prendront beaucoup de plaisir à admirer leur réalisation s’animer sous l’effet de l’air. Et si tous les moulins entament simultanément la même danse du vent, le tableau est tout simplement magnifique !

Activité 2 : Le quizz des produits de la terre. Vous cachez les yeux des enfants avec un foulard. Vous leur faites goûter, sentir, toucher des aliments de toute sorte. L’objectif est de leur apprendre la différence entre un produit qui vient directement de la terre et un produit transformé. Les déclinaisons de fruits, légumes ou plantes aromatiques que vous pouvez imaginer sont infinies (menthe, basilic, tomate, carotte, pomme de terre, poivre rose, citron, pomme, grain de café, banane, poireaux, oignon, ail, etc.). Laurent avait même prévu des verres de farine séchés que seuls les vrais aventuriers peuvent apprécier !

Activité 3 : Les jeux d’eau. L’objectif est de montrer aux enfants la rareté de l’eau et la pénurie qui nous guette si on la gaspille. Deux jeux sont proposés. Le premier est celui des bombes à eau. On remplit des simples ballons avec de l’eau plutôt que de l’air. Les enfants se mettent en cercle et commencent à se lancer un premier ballon. L’objectif est de garder le ballon en main le plus longtemps possible sans le faire tomber pour protéger la denrée rare qu’il contient (l’eau). Quand celui-ci tombe par terre, il explose et l’eau qui s’y trouvait éclabousse tout le monde (fou rire assuré). L’opération peut-être répétée plusieurs fois (l’idée est de limiter le nombre de ballons à 5 ou 6 de manière à ne pas multiplier la production de déchets). Autre jeu : celui de la bassine remplie d’eau dans laquelle il faut récupérer une pomme avec la bouche en mettant ses bras derrière le dos. Si il fait chaud, les jeux d’eau prennent évidemment une saveur toute particulière. 

L’idéal c’est de pouvoir être plusieurs adultes (minimum 3) de manière à pouvoir faire tourner les équipes parallèlement à chacun des stands. Il faut compter 20 minutes par stand, soit 1h en tout. Les activités 1 et 2 peuvent être facilement organisées à l’intérieur.

4. Le goûter

Rien de tel que la simplicité pour contenter une orde d’enfants affamés. Chez nous pas de gâteau prodigieux en pâte à sucre ni de pièce montée commandée chez le pâtissier. Le plaisir c’est avant tout de cuisiner soi-même ! Et si possible d’éviter les mélanges explosifs à base de colorants, conservateurs, antioxydant ou tout autre additifs qui colonisent discrètement nombre de produits transformés, en particulier quand il s’agit de décorations sucrées. Voici donc deux recettes très faciles à réaliser et à manger sans assiette qui remportent toujours un franc succès : 

Le cake marbré 
Recette extraite du très chouette livre de cuisine « Gâteaux faits maison » publié chez Larousse (2015). 

3 oeufs, 175gr de beurre + 25gr pour le moule, 175gr de farine, 5gr de levure chimique, 200gr de sucre en poudre, 25gr de cacao en poudre, 3 cuillères à soupe de lait, 1 pincée de sel. 
Cassez les oeufs en séparant les jaunes des blancs. Faites fondre le beurre. Tamisez la farine avec la levure. Battez au fouet le beurre fondu avec le sucre. Ajoutez les jaunes d’oeufs en fouettant puis versez la farine et la levure tamisées. Diluez ensuite le cacao avec le lait. Divisez la pâte en deux parts égales et incorporez le cacao dilué à l’une d’elles. Montez les blancs en neige avec la pincée de sel, puis incorporez-en délicatement la moitié dans chaque pâte à l’aide d’une spatule souple. Préchauffez le four à 180°C (th.6). Beurrez un moule à cake de 22cm de long. Versez une première couche de pâte au cacao dans le moule, puis une couche de pâte sans cacao. Alternez les couches jusqu’à épuisement de la pâte. Faites cuire pendant 40 minutes. Vérifiez la cuisson au couteau : plantez la lame, elle doit ressortir sèche. 

Le cake aux pommes de Nath (la marraine de Camille)

2 gros œufs (ou 3 petits) + le même poids de beurre, sucre et farine. 

Faites fondre le beurre et mélangez-le avec le sucre. Cassez les oeufs en séparant le blanc des jaunes. Ajoutez les jaunes au mélange beurre-sucre. Mélangez rapidement pour éviter que le jaune d’œuf ne cuise dans le beurre encore un peu chaud. Versez ensuite la farine progressivement. Faites monter les blancs d’œufs en neige et incorporez-les très délicatement dans le mélange. Couper 1 pomme ou 2 en petits morceaux et incorporez-les à la pâte. Faites cuire 40-45′ à 180°. Pour voir si c’est cuit, piquez avec une lame de couteau dans le cake. Elle doit ressortir sèche.

5. Les cadeaux

Le grand flop de la journée! Et une petite déception à titre individuel que les copains n’aient pas suivi. Depuis que nous avons commencé notre défi, je suis toujours partie du principe que nous ne devions pas tomber dans un discours moralisateur et contraindre notre entourage à adopter nos choix de consommation. Bien que convaincue que la transition écologique ne se fera que si elle est portée à grande échelle et en partie régulée par des lois qui imposent certains types de comportements, il est contre productif à notre niveau d’imposer un mode de fonctionnement à nos proches si ceux-ci ne donnent pas de sens à la démarche. En douceur, par la mise en place de notre défi, nous avons pourtant réussi à toucher même les plus récalcitrants, au moins quand il s’agit de nous offrir des cadeaux ou de nous aider à réussir notre pari. Mais dans le cas d’un anniversaire avec les copains de classe, le contexte est moins évident. D’abord parce que tous les parents ne donnent pas le même sens au fait d’offrir un cadeau. Nos enfants sont dans une école particulièrement métissée où s’entrecroisent différentes cultures aux traditions variées. Ensuite parce que la notion même de « seconde main » peut signifier bien des choses en fonction du vécu des personnes concernées. Il y a quelques jours, une collègue m’expliquait qu’acheter du neuf aujourd’hui contrastait pour elle avec les années de galères qu’elle avait vécue plus jeune et pendant lesquelles la récup n’avait jamais été une question de choix.  Malgré l’appel aux cadeaux immatériels ou de seconde main sur les cartons d’invitation, seules trois personnes ont joué le jeu. Mais c’est toujours ça de pris. La vraie victoire en réalité, c’est que non seulement personne n’a vu la différence mais Camille a savouré de la même manière les cadeaux neufs et les autres. La preuve que ce n’est pas l’origine du jouet qui importe pour un enfant mais bien le plaisir qu’il procure. 

6. Les sachets de bonbons

Le sujet par excellence qui me donne des boutons. Parce qu’il s’agit d’une tradition qui s’est progressivement imposée comme une évidence, qu’il s’agisse des anniversaires organisés à la maison ou même parfois des festivités programmées à l’école. Parce que la coutume veut que l’on y mette un maximum de bonbons généralement peu comestibles et conditionnés dans des emballages peu recommandables, que l’on y ajoute des bibelots qui finiront forcément à la poubelle au bout de quelques jours, le tout dans un sachet plastique lui aussi non réutilisable. Je dis ça mais en réalité, j’ai moi-même pendant longtemps répondu à l’appel de mes enfants sans trop me poser de questions, compréhensive même à l’idée qu’organiser son anniversaire sans offrir le sacro-saint sachet de bonbons à ses invités, serait vécu comme une trahison sans commune mesure et que je devais donc mettre au placard mes préoccupations bobo-écolo-environnementales. Mais plutôt que de renoncer (la pression sociale étant décidément trop forte), nous nous sommes adaptés. D’abord en supprimant les bonbons pour les remplacer par du pop-corn. Pop-corn confectionné à la maison avec du maïs acheté chez The Barn et passé dans du caramel artisanal coulé avec amour par Laurent. Succès assuré ! En guise de petit cadeau à ramener chez soi, nous avons remplacé les babioles inutiles soit par des livres tirés de la bibliothèque de Camille (et dont elle prévoyait de toute façon de se séparer) soit par des cartes Pokemon prises dans la collection de Thomas dont il a décidé également de se séparer progressivement. Le tout disposé dans des sachets en papier récupérés à la maison ou fabriqués à la main par Camille (avoir une fille bricoleuse, c’est assurément un atout dans un défi comme le nôtre). Je ne vous cache pas ma joie d’avoir pu contenter tout le monde sans pour autant devoir passer outre notre défi rien d’neuf.  

7. Conclusion

Organiser un anniversaire rien d’neuf, c’est tout à fait possible. Cela demande néanmoins un minimum de préparation et de flexibilité pour pouvoir imaginer des activités basées sur du matériel de récup. Seule difficulté : devoir composer avec les invités à qui il est difficile d’imposer notre démarche. Pour une prochaine fois, je me suis dis que nous pourrions organiser une sorte de jeux autour de la question des cadeaux pour inciter davantage les copains à collaborer à la réussite de notre défi. Sans doute n’avons nous pas suffisamment bien communiqué sur la question.

2 réflexions au sujet de “Rien d’neuf pour fêter ses 8 ans avec ses copains… Opération (presque) réussie !”

  1. Ici on a résolu la question du cadeau en suggérant un cadeau commun : abonnement à un magazine de bricolage (un abonnement pour Pairi Daiza aurait été la solution 100% ZeD mais ceci est plus concret). Gâteau spectaculaire décoré avec des fraises (local et de saison) et petits sachets remplacés par les bricolages faits pendant la journée.

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